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Comment passer de l’incommunication à la communication dans la vie courante :

 Dans le couple : Vivre ensemble sur un même territoire, partager un espace d’intimité affective, psychologique et physique risque paradoxalement de réveiller l’ex-enfant qui est en chacun des membres de ce couple (ou en amont l’un ou l’autre des parents de l’homme ou de la femme). En termes de relation, un couple est un champ de conflits, de frictions et de confrontations quasi permanents où vont s’affronter

  • Des forces de cohésion (rapprochement et mise en commun = ce qui réunit et fait se rencontrer ou se rejoindre et tout ce qui est de l’ordre du même ou du semblable, du familier).
  • Des forces d’éclatement (individuation, différenciation = ce qui sépare et ses variantes autour de la confrontation à l’autre, à l’étrange(r) et à l’inconnu).

Vivre en couple dans la durée c’est tenter de partager avec cohérence et dans l’improvisation confuse parfois, une double dimension de l’intimité : d’une part une zone d’intimité commune, partagée et partageable, et d’autre part des espaces et des temps d’intimité plus personnelle et réservée. Ainsi la communication de couple se jouera-t-elle sur plusieurs registres qui ne se combinent pas toujours.

« Est ce que mes apports correspondent à tes attentes ? Est ce que mes attentes s’ajustent ou pas sur tes apports ? Qu’est ce qui fait que souvent tu touches en moi une zone si sensible, un point aveugle qui réveille mes blessures m’irrite et me fait réagir violemment alors que je me voudrais chaleureux et bienveillant ? »

La mise en pratique concrète de la Méthode E.S.P.È.R.E.® permet de devenir vigilant à ces enjeux et de respecter quelques règles d’hygiène relationnelle aussi bien avec l’autre qu’avec soi-même. À la longue, ces attentions portées en direction de la relation aident à renforcer, soutenir, les forces de cohésion du couple et nourrissent les engagements pris dans la durée tout en tenant compte de l’évolution de chacun.

Quelques balises favorisantes.

  • Éviter de parler sur l’autre. Au lieu de dire : « Tu devrais laisser pousser tes cheveux ! » se positionner en parlant de soi à l’autre, en lui énonçant son propre point de vue : « C’est vrai que je te préfère avec des cheveux longs. »
  • Oser parler de soi et inviter l’autre à parler de lui. Au lieu de dire : «Tu m’as fait passer pour un idiot l’autre soir chez nos amis ! » Pouvoir lui dire : « J’ai mal vécu ce que tu as dit l’autre soir sur moi» et l’inviter à parler de son vécu : « Pourrais-tu me dire ce que tu ressentais quand tu as évoqué ce sujet ?… »
  • Tenter de diminuer (au lieu de l’entretenir et même de l’exacerber) l’incroyable distance qui existe parfois entre le style de discours masculin (plutôt cérébral, généralisant ou totalisant) et le mode d’expression féminin (plutôt émotif, sensoriel et plus centré sur le vécu et le ressenti immédiat). « Quand je te demande ce que tu ressens et que tu me réponds – “Je pense que…” – je ne me sens pas entendue dans ma demande et la sensibilité qui l’entoure. Ce qui m’intéresse, me touche et me rapproche de toi, c’est d’avoir accès à ce que tu éprouves là, au niveau du ventre, de la poitrine et non de la tête ou des idées…»
  • Tenter d’accéder au ressenti et au retentissement, à ce qui est réveillé et qui résonne chez l’autre, par une invitation directe à se dire sur un plan personnel, dans une dimension intime : « J’ai bien senti que ce que j’ai dit (ou fait) a retentit en toi fortement, je ne sais si tu souhaiterais m’en parler, car cela me permettrait de m’approcher plus de toi… »
  • Oser témoigner de sa propre histoire, des expériences de vie structurantes de notre histoire, évoquer et parler de l’enfant, de l’adolescent(e) que nous avons été. «Á six ans j’avais tellement peur des fantômes que j’avais inventé tout un système de protection autour de mon lit, qui était censé me protéger pour toute la nuit. Au petit matin je me levais tôt pour défaire les barricades et les défenses que j’avais élevées la veille. Il en reste encore des traces en moi, n’as tu pas remarqué tout le rituel dont je m’entoure au moment du coucher, ce qui semble t’irriter d’ailleurs, alors qu’il est très important pour moi !».
  • Accepter que le ressenti, les croyances de l’autre, son imaginaire, lui appartiennent, que nous n’avons ni la responsabilité d’avoir le même, ni celle d’essayer de le modifier, mais seulement la possibilité d’en faire un terrain d’échanges et de confrontation. «Je sais combien tu es parfois gêné de sentir que je n’aime pas beaucoup ta mère, car il y a beaucoup de choses qui m’irritent chez elle. Et je suis souvent mal à l’aise de la complicité que tu sembles avoir avec mon père, alors que j’ai du mal à m’entendre avec lui… Mais c’est vrai que nous ne sommes pas toi et moi, dans la même relation vis-à-vis de chacun d’eux ! »
  • Etre sensible au fait que nous n’avons pas les mêmes rythmes, les mêmes attentes et les mêmes zones de tolérance. Cela ne veut pas dire qu’il faut se complaire dans le compromis (car celui-ci n’est jamais très loin de la compromission). Pouvoir mettre des mots non seulement sur les différences mais aussi sur ce qui nous rapproche, – certains diraient apprendre à positiver -, peut aider grandement à dépasser les innombrables frustrations qui vont surgir au quotidien. «Quand tu veux me faire l’amour tout de suite, je suis touchée de ton impatience, mais parfois irritée que tu ne prennes pas plus de temps pour me rencontrer, pour me découvrir avant, pour échanger, se caresser partout et pas seulement là où tu crois que ce devrait être bon pour moi ! J’ai tenté souvent de te dire combien mon clitoris était sensible après l’amour et qu’il fallait se garder d’y toucher, et souvent aussi, je t’ai demandé, après l’amour de me serrer très fort et de me laisser un long moment dans l’immobilité et le plein de mon propre abandon vers toi…»
  • Oser réactualiser ses engagements. Nous évoluons et nous changeons (le plus souvent grâce à l’autre) mais pas toujours dans le sens où celui-ci le souhaiterait. «Je ne suis pas le même homme aujourd’hui, que celui que tu as épousé il y a 10 ans. J’ai grandi, en quelque sorte, et j’ai peut-être moins besoin de m’appuyer sur toi, ce qui semble t’inquiéter et te faire craindre que je puisse m’éloigner de toi. Ce n’est pas ce que je ressens, au contraire… »

Avec les enfants

Dans le monde du travail

Avec soi même.

Avec nos parents.

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